Venu en Inde pour faire son MBA dans le cadre du partenariat entre l’ESC Pau en France et la National School of Business à Bangalore, Antoine NATTA a travaillé 2 mois et demi au sein des équipes d’Arsha Consulting sur une mission de prospection dans le secteur de la défense et de l’aviation.Selon l’Ambassade d’Inde à Paris, environ 300 accords ont été signés entre les universités et instituts privés français et indiens, permettant aux étudiants et professeurs français et indiens de participer à des programmes d’échange. Ces partenariats ont ouvert de nouveaux horizons personnels et professionnels pour les jeunes diplômés.

Antoine Natta nous raconte l’expérience vécue à travers ce programme d’échange et partage son aperçu de l’Inde et de sa culture…


Raconte-nous un peu ton parcours…

J’ai eu un BAC S pour scientifique, et après avoir passé un an à la faculté des sciences d’Orsay, j’ai fait un BTS Management des Unités Commerciales à Paris. Je suis ensuite parti deux ans en Australie travailler à Sydney et dans les fermes de l’Outback, puis je suis revenu en France tenter le concours d’entrée aux grandes écoles de commerce « Passerelle ». J’ai sélectionné l’ESC Pau et j’ai réalisé un stage de 5 mois dans un département commercial d’une chaine américaine d’hôtels de luxe, à Cancun au Mexique. J’ai obtenu mon master en France et aujourd’hui je suis à Bangalore pour mon MBA France – Inde.

J’ai toujours voulu une carrière internationale et j’ai choisi ESC Pau pour faire mon Masters en Commerce International surtout car l’école offrait la possibilité de partir à l’étranger. Au départ, je n’avais pas envisagé faire mon MBA en plus de mon Masters, mais quand un siège s’est libéré sur le programme MBA-Inde m’offrant la possibilité de rentrer en dernière année et passer six mois à la National School of Business, Bangalore, j’ai saisi l’opportunité. D’autres étudiants sont partis en Mexique, aux États-Unis …

Quel est le diplôme délivré à la fin du cursus?

J’aurai donc, suite à la validation de mon parcours en entreprise, trois diplômes : un diplôme de Masters Vente et Négociation Internationales et Management Multiculturel, un MBA France – Inde délivré par ESC Pau et un troisième diplôme indien délivré par la School of Business Bangalore.

Un sacré plus sur ton CV !

Tout à fait, et si le coût d’un tel programme n’est pas négligeable, je le considère comme un investissement. Le plus intéressant est bien entendu la partie du programme effectuée au sein de l’entreprise pour préparer notre business project de fin d’année.

Comment se passe-t-il ce programme d’échange exactement ?

Le MBA ESC Pau est offert en collaboration avec plusieurs instituts dans le monde : en Inde, c’est avec la National Business School (NSB), école reconnue pour son programme de management. Le programme commun d’une année, accueille 22 étudiants : 11 français et 11 indiens. Les étudiants indiens passent 6 mois en France, et puis nous repartons tous ensemble passer 6 mois en Inde. Le fait de garder la même classe dans les 2 écoles, permet une intégration et une adaptation plus rapide au nouveau pays et à la nouvelle culture.

Pour la plupart des étrangers, le premier rapport avec l’Inde n’est pas toujours facile… comment l’as-tu vécu?

Évidemment, il y a eu un choc culturel. La pauvreté et la misère en Inde sont dures à voir, j’ai l’impression que l’Inde brûle des étapes dans son développement ; les 126 Rafales c’est très bien, mais il faut aussi des infrastructures, des toilettes, des efforts pour améliorer l’hygiène, la santé…
J’ai également eu l’impression que le système de castes divise toujours la société indienne… il est compliqué de comprendre les rapports entre les indiens eux même…

Et en cours?

Nous avons fait face à quelques difficultés au départ – s’habituer à l’accent indien des professeurs, s’adapter à leur rythme de travail… contrairement à la méthode d’enseignement en France, nous avons trouvé que les cours étaient beaucoup plus théoriques… par contre, les professeurs maîtrisaient vraiment leurs domaines. L’ambiance dans la classe est plus formelle qu’en France, il y a eu moins de débats et de discussions avec le prof…

Et l’expérience en entreprise ?

En deux mots : vraiment génial! Même si nous avons côtoyé des étudiants indiens en cours, et avons travaillé ensemble sur des projets communs, ils n’étaient pas du tout représentatif de la diversité et la richesse de la population indienne.

Travailler dans une société franco-canadienne, avec des collègues indiens, français, canadiens – beaucoup plus professionnels et mûrs que les étudiants indiens que nous avons rencontrés -- a été une révélation. Tous mes camarades n’ont pas eu la chance de faire leur business project dans l’entreprise qui leur avait donné un projet à réaliser comme moi. J’ai pu avoir cette expérience en entreprise grâce à Mme ABBO et mon supérieur Loïc LECOMTE. De plus le projet était concret et axé vente-marketing, donc complètement ma « tasse de thé ».

Comment résumerais-tu cette aventure indienne ?

Il y a six mois, même Carrefour, ce géant de la grande distribution française, a quitté l’Inde… le marché est tellement complexe, cela fait peur à beaucoup de sociétés françaises.
Pour moi, pouvoir dire j’ai travaillé en Inde est donc une fierté et une expérience de plus à vendre face à un recruteur.

Ce que cherchent les entreprises aujourd’hui, ce sont des gens qui sont ouverts sur l’international, qui peuvent travailler dans des équipes multiculturelles, qui peuvent apprendre rapidement et s’intégrer facilement dans des cultures très éloignées des leurs. Être acteur de la mondialisation en fait !

La prochaine escale …?

Je n’envisage pas rentrer en France, le marché est trop saturé ; en fait, globalement, je déconseille l’Europe en ce moment. J’ai très envie de retourner en Australie… un pays où les gens travaillent beaucoup mais de manière détendue et sans pour autant être moins productifs. Je vais chercher un job dans la vente/négociation. C’est sûr que je travaillerais à l’international…

Merci à Antoine qui a égayé nos bureaux avec son rire et son sens d’humour et qui a fait preuve d’une grande persévérance pour réussir une mission pleine de défis. Nous lui souhaitons bon vent pour son parcours professionnel !

Bhargavi Venugopal | International Project Manager
Arsha Consulting

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