Tous les journaux en parlent, le Premier Ministre indien Narendra Modi se rendra en France et au Canada, respectivement du 9 au 12 et du 14 au 16 avril. Entre deux, l’Allemagne est également au programme mais concentrons-nous sur la première et la dernière étape de ce voyage en Occident.

Pourquoi la France et le Canada ?

Le point commun qu’ont la France et le Canada avec l’Inde est très certainement la bonne qualité de leurs relations bilatérales et ce depuis de longues années. Le lancement d’un partenariat stratégique entre la France et l’Inde en 1998 témoigne des liens d’amitié et de confiance entre les deux pays. Des rencontres régulières entre les autorités des deux pays nourrissent un dialogue politique approfondi qui s’inscrit dans la durée. Le Canada et l’Inde entretiennent depuis longtemps des relations bilatérales positives fondées sur les valeurs communes de la démocratie et du pluralisme.

Modi cherchera à profiter de ce contexte favorable pour mettre l’accent sur les opportunités économiques.

La France reste l’un des pays moteurs des 28 membres de la zone EU qui est le premier partenaire commercial de l'Inde avec des échanges bilatéraux de biens et services s’établissant à un peu plus de 100 milliards de dollars sur l'année 2014. La France fait également partie des plus gros investisseurs étrangers en Inde avec plus de 19 milliards d’euros investis à ce jour et plus de 250.000 emplois créés par les entreprises françaises implantées en Inde.

Par ailleurs, l’Inde est le premier partenaire commercial du Canada en Asie du Sud et est toujours un marché prioritaire du Plan d’action sur les marchés mondiaux du Canada. Mais, fait plus marquant, la visite de Modi est la première visite bilatérale d’un Premier ministre indien au Canada depuis 1973. A ce titre, Modi risque d’être accueilli en véritable héros par les Gujaratis, le deuxième plus grand groupe parmi le million d'Indo Canadiens du Canada. L’Etat du Gujarat reste la plus importante source d'immigration au Canada en provenance de l'Inde, et la plus riche et bien organisée de toutes les organisations indo canadiennes.

Que vient chercher Modi dans ces deux pays ?

Je serais tenté de dire, des solutions et des outils pour les mettre en œuvre dans la perspective de son désormais fameux « Make in India » ; à l’inverse d’autres pays déjà visités où il allait peut-être davantage chercher des investissements directs (IDE) en capitaux propres. La France et le Canada ont un savoir-faire reconnu dans le monde entier dans des filières stratégiques pour Modi telles que les infrastructures, y compris les villes intelligentes, l’aéronautique et la défense, les transports ferroviaires, l’énergie avec notamment le nucléaire et les énergies renouvelables, les technologies de pointe, l’agroalimentaire et l’éducation.

De gros contrats sont susceptibles d’être signés ou tout du moins discutés en vue de signature dans un futur proche à l’occasion de la venue de Modi et des accords de coopérations dans des secteurs cibles pourraient faciliter l’export de produits et de services en Inde pour les entreprises des pays hôtes.

Au Canada, le Premier ministre Stephen Harper a annoncé un nouveau programme de développement vers les marchés d'exportation qui fournira 50 millions $ sur cinq ans en aide financière directe aux entrepreneurs qui cherchent à exporter vers les marchés émergents.

La France compte deux fois moins d’entreprises exportatrices que l’Italie, et trois fois moins que l’Allemagne ; et seules deux ETI nationales sur cinq ont une activité à l’export. Pour rattraper ce retard, le gouvernement français multiplie les initiatives pour inciter les PME et les ETI à s’ouvrir à de nouveaux marchés à l’export. A ce titre l’Inde représente une opportunité indéniable pourvu que ceux qui font le pas sachent bien se faire accompagner sur place.

La visite de Modi en France puis au Canada sera peut-être cette note décisive qui convaincra les entreprises qui hésitent encore à faire le pas, tant ses vertus de bon communicant et sa force de persuasion par rapport aux opportunités que l’Inde offre aujourd’hui sont aujourd‘hui reconnues.

Loic Lecomte | Conseiller senior- Arsha Consulting

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