Le 11 septembre 2001 marque probablement un tournant dans les dispositifs de sécurité mis en place dans les aéroports du monde. Les aéroports européens mais également américains, canadiens,  israéliens et pour certains, indiens sont à la pointe du développement des mesures de protection et de détection performantes, en constante évolution. Depuis 2002, en Europe, la sûreté aérienne est encadrée par un règlement communautaire. En vertu de quoi, les bagages, vêtements et bouteilles des passagers sont examinés avant leur montée dans l’avion, afin de prévenir tout risque d’attentat à bord. Pour une efficacité renforcée et une meilleure fluidité des passagers, les autorités misent sur la technologie notamment grâce au scanner à bagage, standard 3 qu’une norme de l’Union rend obligatoire dans tous les aéroports européens à partir de 2020.

Risques en hausse


Les habitués des aéroports connaissent bien les procédures auxquelles il faut se soumettre avant d’embraquer : sortie des liquides et des équipements électroniques du bagage, passage sous des portiques de sécurité, palpation par l’agent de sécurité ou obligation d’ôter ses chaussures, sa ceinture et ses bijoux pour passer les contrôles. Pendant ce temps, les bagages de soute sont également scrupuleusement vérifiés par les agents habilités grâce aux différents scanners à bagages des aéroports.

Des procédures parfois longues et contraignantes auxquelles les passagers se soumettent avec plus ou moins de patience. Toutefois, pas question de baisser la garde avec une menace terroriste mondiale de plus en plus forte. En 2015, un Airbus 321 de la compagnie russe Metrojet s’est écrasé dans le Sinaï avec 224 personnes à bord. Une attaque revendiquée par l’Etat islamique.  Alors, au fil des ans, de plus en plus de pays affichent des exigences renforcées en terme de sécurité aéroportuaire.

Mais l’affluence de plus en plus de passagers - le trafic aérien mondial a été multiplié par dix, passant de 300 millions (en 1970) à plus de 3 milliards (en 2016) de passagers transportés par an – oblige dans le même temps à repenser la sécurité pour une efficacité maximale en un minimum de temps.

Le nouveau tomographe


Aujourd’hui, si 100% des bagages de soute dans les aéroports européens sont inspectés et filtrés avec des équipements fixés par la réglementation, il existe néanmoins plusieurs niveaux d'inspection. Les bagages sont d'abord contrôlés par un équipement à rayons X, le système EDS (Explosive Detection System), dont le but est de détecter des engins explosifs. En cas de doute, le colis suspect est passé au tomographe, un autre scanner de type TAC (Tomographie Axiale Computérisée) qui offre une visualisation en 3 dimensions beaucoup plus fine. C’est aujourd’hui le scanner le plus fiable pour la détection d’explosifs dans les bagages. Son usage est déjà systématique aux Etats-Unis et en Israël. Il le sera donc aussi pour les pays de l’Union Européenne en 2020 (pour le Royaume-Unis en 2018). Près de 200 exemplaires de cette grosse machine sont déjà en service en France notamment dans les aéroports parisiens de Roissy et d’Orly.

Ce système particulièrement fiable a néanmoins un coût élevé : un million d'euros pièce, hors frais d'installation et de formation du personnel.

Effectivement, la sécurité coûte de plus en plus chère et les dépenses des aéroports européens sont en forte croissance depuis 2011. En France, les dépenses de la sûreté aérienne sont financées par la ‘taxe de sûreté’, incluse dans la taxe d’aéroport qui s’élève en moyenne à 11 euros, plus élevée que chez les autres pays européens. Le budget sécurité des aéroports parisiens, est ainsi passé de 174 millions d’euros en 2002 à 493 millions en 2012. Néanmoins, en repensant le circuit des bagages et le nombre de check point, ces nouveaux scanners pourraient à long terme réduire les coûts ; un même opérateur pouvant gérer les images provenant de plusieurs scanners, par exemple.

L‘arrivée d’ici 2020 de ces scanners à bagages de type 3 dans tous les aéroports européens souligne l’importance donnée à la technologie pour élever toujours plus le niveau de sécurité tout en la rendant moins contraignante pour les passagers et moins coûteuse pour les pouvoirs publics. D’autres équipements sont en phase de test dans les aéroports afin de comparer les coûts et les technologies : un scanner corporel à ondes millimétriques, qui détecte les armes et les explosifs cachés sous les vêtements, un appareil qui repère des explosifs liquides dans les bagages sans avoir à les séparer, des systèmes fondés sur la reconnaissance faciale, la reconnaissance d’empreintes digitales ou même l’identification par l’iris de l’œil.

Photo: Le CTX 9800 de Morpho à l’aéroport de Munich peut scanner plus de 1000 sacs par heure

Amélie Weigel | Journaliste– Arsha Consulting

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