Opportunités sur le marché indien de l’aéronautique - Le point de vue diplomatique

Les consuls de trois pays – le Canada, la France et la Suisse – ainsi que le représentant de la province canadienne du Québec, ont exposé dans notre livre blanc leur point de vue sur l’évolution des relations d’affaires entre l’Inde et ces pays, en mettant en avant les aspects stratégiques de ces liens dans les secteurs de l’aéronautique civile et militaire. En voici quelques extraits.

Canada

La consule générale du Canada à Bangalore, Jennifer Daubeny, indique qu’un tel document, en plus d’offrir une vue d’ensemble des domaines présentant des opportunités, fournit une feuille de route aux entreprises étrangères qui souhaitent profiter de ces opportunités.

Selon elle, « vu ses taux de croissance actuels, l’Inde peut à juste titre aspirer à devenir le troisième marché mondial d’ici 2020 – voire le premier marché mondial d’ici 2030 – du secteur de l’aviation civile. À cela s’ajoutent des opportunités remarquables du côté militaire. Cette croissance impressionnante s’accompagne d’une forte poussée de la demande en matière de produits, de technologies et de ressources humaines.”

Jennifer Daubeny voit de belles opportunités pour les entreprises canadiennes, et ce dans de nombreux domaines : « l’industrie aérospatiale indienne représente des opportunités extraordinaires pour les entreprises canadiennes, en particulier les PME, qui sont actives dans ce secteur. Que l’on parle des constructeurs d’aéronefs ou d'hélicoptères, des fournisseurs de systèmes, de pièces ou de composants, des prestataires de services ou des établissements d’enseignement et de formation, les uns et les autres disposent d’une myriade de possibilités de nouer des relations d’affaires profitables avec des organisations indiennes. »

Au-delà du simple intérêt des entreprises canadiennes, la consule générale du Canada à Bangalore favorise avant tout les relations bilatérales entre l’Inde et la Canada et souhaite « des fructueuses relations à long terme avec des clients, des partenaires et des fournisseurs clés. »

France

Pour François Gautier, Consul Général de France, l’état du Karnataka et Bangalore sont devenus la plaque tournante du secteur aéronautique indien durant les dernières décennies. Des grands noms de l’industrie aéronautique, en passant par les petites entreprises, tous les acteurs du secteur sont présents dans la région.

Selon lui, les signaux positifs sont là : « la croissance très forte du transport aérien en Inde, la volonté des grands donneurs d’ordre de diversifier leurs sources d’approvisionnement et l’ouverture de l’industrie spatiale aux acteurs du « new space » offrent des perspectives prometteuses et attractives pour nos entreprises, comme pour leurs partenaires indiens. »

François Gautier rappelle les liens historiques entre la France et l’Inde dans le domaine de l’aéronautique « au-delà de notre technologie et de nos savoir-faire, reconnus mondialement, l’un de nos meilleurs atouts reste la relation d’amitié et de confiance que les professionnels de nos deux pays ont construite en plusieurs décennies de partenariat. » Pour lui, le message est clair que ces liens sont voués à perdurer : « le choix du Ministère indien de la défense de passer commande de 36 avions de combat Rafale illustre la solidité du lien de confiance entre Dassault Aviation et l’Indian Air Force : c’est la cinquième génération d’avions de chasse français à équiper l’armée de l’air indienne. Ce sera évidemment une opportunité pour toute la filière aéronautique de consolider son partenariat avec la France. »

Si l’histoire entre la France et l’Inde en matière d’aéronautique semble déjà riche, « la décennie qui vient s’annonce passionnante ! » affirme le consul général de France.

Suisse

Le Dr. Balz Strasser, PDG de swissnex India et Consul Général de Suisse, croit que lorsque deux pays sont capables de se mettre d’accord sur des sujets essentiels comme la coopération économique et scientifique, l’énergie ou le spatial, c’est qu’ils ont ensemble une conception commune de leur avenir.

Il rappelle, lui aussi, l’importance des relations commerciales entre l’Inde et son pays : « comparée au sous-continent indien, la Suisse est certes un petit pays mais un petit pays qui compte. Les relations entre nos deux pays sont intensives et dynamiques. Elles se traduisent par de nombreux traités et accords ainsi que par de fréquentes visites diplomatiques. Faut-il rappeler que l’Inde est le 3ème partenaire commercial de la Suisse en Asie ? ».

L’Inde est un marché attractif pour la Suisse, les chiffres ne trompent pas : « le marché indien représente un grand potentiel pour l’économie suisse. Quelque 250 entreprises suisses sont aujourd’hui présentes en Inde, sous la forme de joint-ventures ou de succursales. Fin 2015, les investissements directs suisses ont créé plus que 100 000 emplois dans le sous-continent. »

Le Dr. Balz Strasser souligne lui aussi l’importance des relations bilatérales avec une vision gagnant-gagnant : « le goût de l’innovation, la créativité, la recherche de la perfection, l’expertise de notre industrie et la qualité de nos produits, c’est ce que nous cherchons à partager avec l’Inde notamment dans les secteurs aéronautique et spatial. »

Québec

Pour Dominic Marcotte, Consul et Directeur du Bureau du Québec à Bombay, l’Inde est un marché porteur prioritaire dans la région Asie-Pacifique.  Il rappelle que « l’Inde est le quatrième partenaire commercial du Québec en Asie et le dixième dans le monde. »

Dominic Marcotte affirme que le Québec a son rôle à jouer dans le secteur aéronautique : « avec des atouts stratégiques dans différents secteurs (avions commerciaux et d’affaires, hélicoptères civils, turbomoteurs et turboréacteurs, simulateurs de vol et de tour de contrôle, avionique, trains d’atterrissage et charges utiles pour satellites), le temps est venu pour les PME québécoises de passer à l’action et de créer des partenariats avec les grands donneurs d’ordres indiens. »

Les entreprises spécialisées québécoises ont tout intérêt à investir dans le développement de ce secteur car « les compagnies aériennes indiennes ont des projets d’expansion et vont augmenter les achats de nouveaux avions d’ici 2020. Les pièces de base d’avion et des équipements de test importés en Inde pour les services, la maintenance et les réparations sont admissibles à l’exemption des droits de douane. Enfin, le gouvernement indien a ciblé des projets pour la construction de nouveaux aéroports dans les villes secondaires et tertiaires du pays. »

Le Directeur du Bureau du Québec à Bombay estime que « l’ingéniosité, le savoir-faire et la diversité de l’offre des entreprises du Québec se distinguent à travers le monde. Leur main-d’oeuvre qualifiée et leur créativité reconnue font de nombreuses entreprises québécoises des candidates de choix pour devenir des fournisseurs de l’industrie aéronautique en Inde, qui est en pleine expansion. »

L’attractivité du marché aéronautique indien ne fait pas de doute, et les entreprises étrangères du secteur cherchent bien sûr à profiter de ces nouvelles opportunités qui se présentent.

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